samedi 7 juin 2003
posted by poligraf @ 9:48
Dolly Copp Campground, New Hampshire.
Nous sommes en train de compléter les derniers préparatifs avant le départ. Le ciel est plutôt dégagé et le temps est idéal, ni trop chaud ni trop froid. La journée commence bien. L'ascension s'annonce fertile en émotions.
Tous les détails au retour.
Sections
Les grimpeurs
Yves, Annie et Stéphane.
Patrick, Julie et Christopher.
La montagne
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Situé au coeur de la chaîne présidentielle des White Mountains dans le New Hampshire, le Mont Washington s’élève à 1917 mètres au dessus du niveau de la mer et son sommet constitue le point le plus élevé de tout l’est de l’Amérique du Nord.
La montagne se trouve directement sur la trajectoire des principaux déplacements de masses d’air et des tempêtes qui affectent le nord-est américain. Le sommet présente les plus sévères combinaisons de vent, de froid, de glace et de tempête de tous les endroits sur la planète où ces conditions sont mesurées. De par son élévation, il est biologiquement et écologiquement similaire aux zones sub-arctiques.
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Le climat qui règne au Mont Washington peut rivaliser avec celui de l’Antarctique :
- moyenne annuelle des températures au sommet : –3 °C
- moyenne annuelle des précipitations de neige : 6.5 m
- moyenne annuelle de la vitesse des vents : 56.8 km/h
- des vents de force « ouragan » y soufflent 104 jours par année en moyenne (12 à l’échelle de beaufort, vitesse > 118 km/h)
- vitesse du vent la plus élevée : 372 km/h (record mondial, le 12 avril 1934)
- température la plus basse : -43.9 °C (record du New Hampshire, janvier 1934)
- précipitations de neige les plus élevées dans une seule saison : 14.4 m (1968-69)
Pas surprenant que certains lui attribuent la mention "The World’s Worst Weather".
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Le récit
La montée
La journée débute vers 8h00. Les conditions climatiques semblent favorables et les grimpeurs inspirés. Après un satisfaisant petit déjeuner, nous rangeons l’équipement de camping dans les tentes et les véhicules et nous préparons le matériel pour la journée.
Nous nous rendons ensuite en voiture jusqu’à l'entrée du "Glen Boulder Trail", sentier par lequel nous entamerons l’ascension. Les conducteurs repartent tout de suite avec les véhicules en direction du « Pinkham Notch Lodge », le bâtiment où notre descente se terminera, pour y laisser une des deux voitures.
La grimpe débute vers 10h40 par une marche relâchée dans une forêt mixte plutôt clairsemée. Le sentier est généralement bien défini et des signes sur les rochers nous indiquent la bonne voie là où c’est nécessaire. Nous nous arrêtons pour admirer une petite cascade. L’eau y est fraîche et limpide.
Après quelques minutes de montée sans difficulté, nous rencontrons notre premier défi : un passage parsemé de grosses pierres sur un flan boisé bien escarpé dont on ne peut apercevoir la fin. Mon rythme cardiaque s’intensifie et j’éprouve mes premiers doutes de la journée. À chaque virage et à chaque dégagement, j’espère entrevoir des signes d’une pente plus douce, mais mes espoirs restent vain. Le groupe prend une brève pause bien méritée et nous reprenons l’ascension.
La forêt disparaît graduellement et nous nous retrouvons sur une pente rocailleuse et dénudée qui offre une magnifique vue des environs. Plus haut, on peut apercevoir le « Glen Boulder », le monolithe qui donne son nom à la piste : un gros rocher situé à flan de montagne et qui repose dans une position similaire à celle des gros rochers du coyote des célèbres dessins animés. Nous montons encore un peu avant de prendre une pause pendant laquelle les photographes échantillonnent les spectaculaires paysages qui nous entourent.
Nous rattrapons un groupe de marcheurs. Ce sont quatre américains qui se rendent au « Lake Of The Clouds » pour y camper. Leur rythme est beaucoup moins élevé que le nôtre et ils nous laissent les devancer.
Nous nous engageons ensuite dans une forêt de conifères dont la taille maximale ne doit pas dépasser deux fois ma grandeur environ. Le sentier est sans encombres, la pente est sympathique, et le rythme est soutenu. La taille des arbres diminue graduellement et bientôt les plus grands spécimens me dépassent à peine.
Puis nous quittons l’aire boisée et nous nous retrouvons sur une pente où se retrouvent herbes clairsemées, pierres, et quelques rares arbustes. On se croirait dans la toundra. Le beau temps continue à être de notre côté et les perspectives sur les sommets environnants sont superbes.
L’énergie commence à se faire plus rare, et le groupe négocie subtilement le moment d’une pause repas et repos tout en essayant de repérer un endroit qui répond à ces besoins. Nous nous arrêtons enfin vers 12h30 pour une demie-heure réparatrice fort bienvenue. Pendant notre pause, le célèbre brouillard du Mont Washington s’installe lentement, le ciel s’ennuage, et le temps s’assombrit.
Une fois bien restaurés, nous reprenons notre ascension. Plusieurs chemins convergent dans cette section du trajet et notre sentier rejoint la « Boott Spur Trail », piste par laquelle nous prévoyons redescendre. Les différents sentiers sont identifiés par des petits écriteaux et de nombreux inukshuks nous permettent de bien suivre leurs parcours.
Une fine pluie froide vient nous rafraîchir alors que nous rencontrons d’autres grimpeurs, parmi lesquels se trouve un groupe d’anglophones à la recherche du « Lake Of The Clouds ». Heureusement, nous possédons une carte bien détaillée de la région et nous pouvons leur venir en aide.
Quelques instants plus tard, nous croisons une équipée de grimpeurs qui parlent français. Nous nous arrêtons quelques moments pour converser avec eux. Nous apprenons qu’ils habitent Sherbrooke et que leur campement est aussi situé sur le « Dolly Copp Campground », le terrain de camping sur lequel notre camp de base est installé.
Nous reprenons notre marche en route vers le dernier segment de la montée. Nous avançons sur les sommets des monts qui entourent le sommet principal. Le terrain est rocailleux et généralement plat, avec de légères descentes par endroits.
Puis nous rejoignons la section finale. Nous pouvons apercevoir le « Lake Of The Clouds » et son refuge situés plus bas derrière nous. La dernière pente est soutenue et le sentier est parsemé de grosses pierres qui ralentissent notre progression. Je sens que l’effort est plus exigeant et je ralenti le rythme. Nous pouvons observer les antennes qui se dressent au sommet, et à leur approche nos derniers pas sont plus faciles. Nous atteignons le sommet vers 14h40.
Le sommet
Nous nous rendons à l’intérieur du chalet pour profiter d’un répit bien mérité. L’équipée converse en se restaurant. Pat savoure son hot-dog rituel. J’arrive à relaxer même si l’endroit est passablement achalandé et j’observe les autres visiteurs installés aux tables qui nous entourent. Tout près de nous, une adolescente éclate en sanglots. La pause est fort bienvenue.
Après environ un peu moins d’heure de repos, nous nous préparons à repartir. Nous faisons provision d’eau pour la descente. Le livre des invités qui se trouve à un comptoir d’information attestera de notre passage.
Tout près du chalet se trouve une croix qui indique le point le plus élevé de la montagne et nous nous y rendons pour prendre quelques photos. Le ciel est couvert et la brume nous prive du panorama. Puis, nous entreprenons la descente. Il est 15h45.
La descente
Nous nous dirigeons vers la « Boott Spur Trail » que nous suivrons jusqu’au bas de la montagne. Une fine bruine se fait sentir par moments. Le terrain est généralement plat, le chemin bien dégagé, le rythme soutenu et la progression rapide. Après plusieurs minutes de marche dans ces conditions, je me rends compte qu’une partie de l’équipe traîne loin derrière. Qu’à cela ne tienne, nous les attendrons à la prochaine jonction.
Quelques instants à peine après que nous nous soyons engagés sur la « Boott Spur Trail », le paysage change drastiquement d’aspect. Une succession de nombreuses petites sections abruptes et rocailleuses nous attend et le travail consiste maintenant à amortir la descente et à éviter les chutes.
Ensuite, nous traversons une section plus facile d’où nous pouvons apercevoir le « Tuckerman’s Ravine » et ses parois encore enneigées. Tout en bas, au coeur de la vallée, se trouvent quelques petits lacs ainsi qu’un refuge. La vue est renversante.
Le parcours se poursuit avec un autre enchaînement de pentes escarpées, et la végétation se fait de plus en plus présente. La descente progresse bien et nous nous retrouvons bientôt sur un chemin accidenté dans une région boisée. Une forte pluie se mêle de la partie et nous accélérons légèrement le rythme.
La suite du trajet est ponctuée de quelques chutes et glissades, mais personne ne se blesse sérieusement. Nous dépassons un marcheur qui semble hésitant à entreprendre la descente d’une petite falaise et qui préfère nous laisser passer devant lui.
Un peu après, nous quittons le sentier pour aller voir la « Crystal Cascade », une spectaculaire chute d’eau située tout près de notre point d’arrivée.
Quelques minutes plus tard, nous atteignons enfin le « Pinkham Notch Lodge » où nous pourrons nous doucher et enfiler des vêtements secs. Il est environ 18h45. Les conducteurs retournent en voiture à l’entrée de la « Glen Boulder Trail » pour y reprendre le second véhicule. Le temps de charger notre matériel et nous sommes de nouveau en route vers le terrain de camping.
Je suis heureux de constater que notre camp a été épargné par la pluie. Tous s’affairent à préparer la soirée chacun à leur façon, et la journée se termine après un repas chaud et une veillée autour du feu.
De gros mercis à toute l’équipe, et en particulier à Stéphane qui fut l’initiateur de l’expédition, pour une ascension très satisfaisante et une fin de semaine très enrichissante.
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